Mercredi 22 avril 2009 3 22 /04 /Avr /2009 10:12

Dans les années 1980 à Donibane Lohitzun...

Il a grandi ici, entre océan et montagne. Au fil des ans, il a vu cette ville de pêcheurs se transformer jusqu'à perdre son âme, devenir le Saint-Jean-de-Luz des cartes postales. Il a vu la pêche traditionnelle se réduire comme peau de chagrin, les conserveries fermer les unes après les autres, les villas garder leurs volets clos les saisons d'hiver, les jeunes du même âge quitter Donibane pour chercher du travail ailleurs.

Il a vingt ans et, malgré les risques, malgré la peur, il franchit le pas. Comme d'autres, il s'engage dans la clandestinité. Il n'est pas tête brûlée ni désespéré, non. Il ne peut simplement pas se résigner à la disparition de sa culture, de sa langue, ni voir plus longtemps son peuple nié. Il n'accepte pas qu'on brade les richesses de ce pays au profit d'une minorité déjà privilégiée. Il ne tolère pas que le tourisme de luxe devienne la seule issue économique. L'injustice le révolte. Il est conscient des conséquences, pourtant il fait ce choix. Il refuse que son pays soit anéanti sous les coups portés par les deux États qui se le sont partagé. Un impérieux besoin de défendre son idéal lui fait prendre le chemin de la lutte, rejoindre les femmes et les hommes qui, comme lui, sont prêts à se battre, les armes à la main. Il se sait jugé, condamné d'avance par ceux-là mêmes qui vendent son pays et contestent à son peuple le droit pourtant universel de disposer de son avenir. C'est contre leur ignominie qu'il s'élève, alors leurs sentences...

Son combat, c'est David contre Goliath. Le petit pêcheur de Donibane et ses camarades contre un pouvoir établi depuis des siècles, dominateur, destructeur. Il résiste... jusqu'à cette soirée du 1er mars 1984. Il est 20 h 30 lorsqu'une balle est tirée dans son dos. La tôle fragile de sa Dyane fuyant le terrible guet-apens n'offre pas de protection contre la furie policière qui fauche sa jeune vie comme celle d'un oiseau en plein vol. Son sang coule sur la terre pour laquelle il meurt. Il vient de payer son amour au prix fort.

Depuis ce jour-là, même si nous n'avons plus jamais croisé son sourire au comptoir du « Laf », son souvenir demeure synonyme de liberté dans nos esprits. Il s'appelait Didier. Il est mort d'avoir osé affirmer de toute ses forces que Euskal Herria a le droit d'exister. Il est mort de la volonté du gouvernement français et des notables locaux de bafouer notre pays.

Nous ne t'oublions pas, arrantzale maitagarri.

Agur eta ohore hiri anai !

Par iratze lore - Publié dans : euskal herri
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Vendredi 17 avril 2009 5 17 /04 /Avr /2009 10:33

 

Nous sommes un petit peuple. Il y en a des plus grands, les deux qui nous entourent, par exemple. Et, au-delà de nos peuples voisins, il en existe d'autres bien plus grands encore, voire gigantesques : les patries. Elles couvrent de grandes extensions et des jours également, parfois beaucoup de jours. Et chacune possède son propre jour. Si le temps s'occupait de chaque peuple en récompensant les plus forts, nous n'aurions droit ni à un triste jour, ni même à un quart d'heure, cinq minutes à peine, voire moins, trois minutes maximum. Mais les calendriers sont plus équitables que les cartes géographiques et ne tiennent pas compte de l'extension des peuples lors de l'assignation des jours. Et nous avons donc, nous aussi, notre propre jour, un jour pour notre peuple, jusqu'aux pieds duquel, malgré sa petite taille, la terre arrive aussi.

On nous demande souvent quelle est notre terre (d'aucuns ne veulent même pas entendre parler de son existence). Notre espace est le territoire d'une langue, sans limites et qui renferme toutes les couleurs d'une culture singulière. Une terre traversée par des cours d'eau, surmontée d'un pont à sept yeux, d'où jaillit un sentiment. Et c'est là ce qui nous unit, dans une profonde douleur. En proie à cette douleur d'accouchement, nous vivions ces dernières années, nous traînant parfois et sans trace bien souvent. Nous avons creusé entre nous bien plus qu'un chemin, mais nous continuons toujours de l'avant. Et à chacun de nos pas, la terre fait jaillir davantage, l'avenir est peut-être en train de jaillir. Ou c'est peut-être la terre, celle qui nous arrivait aux pieds, qui atteint maintenant nos mains. Et il en est de même avec les jours.

 

Nous partons à nouveau aujourd'hui en pèlerinage à Saint-Jacques, en suivant le chemin des dernières années. Nous ne réclamons pas le ciel. Uniquement un petit bout de terre ferme, un territoire peut-être, un pays si l'on préfère. Avec insistance et fermeté. Qui soit entre nos mains. Et quoique chacune de ces mains prédise son propre avenir, nous tenons à rassembler toutes ces traces, pour unir nos mains et parcourir ensemble le chemin. Et marcher ainsi à Saint-Jacques, au-dessus des eaux, d'Irun à Hendaye, en construisant de nouveaux ponts sur de vieilles frontières.

 

                                                                                                                                                                              Amets Arzallus


 




 

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Mardi 14 avril 2009 2 14 /04 /Avr /2009 16:49

La revendication institutionnelle en Pays Basque  ne date pas d'aujourd'hui. Déjà, au lendemain de la Révolution française de 1789, les frères Garat exprimaient leur désir de créer un département séparé du Béarn, département qui reconnaîtrait le territoire d'Euskal Herria (Pays Basque).  En 1947, le député Jean Etcheverry-Ainchart dépose à l'Assemblée constituante un projet d'autonomie pour le pays Basque qui sera rejeté.

 

S'il est évident que le besoin de reconnaissance institutionnelle pour le Pays Basque se fait de plus en plus sentir au Pays Basque, notamment avec la départementalisation des structures administratives comme la CAF, l'URSSAF ou les tribunaux, la réponse du pouvoir central est malheureusement toujours la même. Aujourd'hui, la revendication d'un statut d'autonomie se fait donc à nouveau entendre après des années de mobilisation en faveur d'un département basque. Faut-il pour autant abandonner ou sous-estimer cette revendication départementale ? Je ne le pense pas. D'abord parce que le travail mené ces dernières années n'a pas été inutile, bien au contraire. Ainsi, la forte mobilisation qui aura permis de faire descendre plus de 10 000 personnes dans la rue, l'adhésion des maires puis des municipalités à cette idée et la campagne autour de la pétition en faveur d'un référendum qui a rassemblé près de 30 000 signatures à ce jour, sont autant d'acquis pour préparer l'avenir. Ce travail de sensibilisation a profondément ancré dans les mentalités l'exigence de reconnaître pour le Pays Basque  un statut institutionnel singulier. Aujourd'hui, la question est donc plutôt de savoir comment on doit poursuivre le travail institutionnel et comment on pourra le concrétiser.

 

Selon moi, la revendication autonomiste et la revendication départementale ne sont pas foncièrement opposées. Je considère que ces deux revendications institutionnelles sont et devraient être complémentaires. Le département est une revendication comprise et assumée par un très grand nombre, il définit un cadre territorial. L'autonomie quant à elle, reste encore un concept abstrait, la plupart des gens ne connaissant pas les compétences offertes par un tel statut, une ignorance que nous devons en partie à une France centraliste. Si l'obtention d'un département représente bien un objectif, il est tout aussi évident que nous devons, à moyen ou plus long terme, obtenir un statut d'autonomie ; seul un tel cadre nous octroiera les compétences en matière économique, sociale, linguistique, territoriale.

 

Dans une Europe du XXIe siècle, l'autonomie constitue un cadre institutionnel ouvert vers l'avenir. De nombreux Etats européens comptent déjà avec des régions autonomes, c'est le cas du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de l'Italie ou de l'Espagne. La France, elle, ne pourra pas longtemps s'arc-bouter sur son centralisme jacobin.


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Jeudi 9 avril 2009 4 09 /04 /Avr /2009 12:48
Seattle, grand chef indien des tribus Dumawish et Suquamish, est connu en particulier pour son discours de 1854 lors de négociations avec le gouvernement des Etats Unis, dans lequel il exprimait son refus de vendre les territoires indiens.
 D'après certains chercheurs Seattle serait né en 1786 à Blake Island, une petite île au sud de Brainbridge Island, pendant les terribles épidémies, héritage des pionniers blancs, qui anéantissaient les populations indigènes. 
Quand il eut entre vingt et vingt-cinq ans, Seattle fut nommé chef de six tribus, titre qu'il conserva jusqu'à son décès en 1866.

C
omment peut-on vendre ou acheter le ciel, la chaleur de la terre ? Cela nous semble étrange. Si la fraîcheur de l'air et le murmure de l'eau ne nous appartiennent pas, comment peut-on les vendre ?

     Pour mon peuple, il n'y a pas un coin de cette terre qui ne soit sacré. Une aiguille de pin qui scintille, un rivage sablonneux, une brume légère, tout est saint aux yeux et dans la mémoire de ceux de mon peuple. La sève qui monte dans l'arbre porte en elle la mémoire des Peaux-Rouges. Les morts des Blancs oublient leur pays natal quand ils s'en vont dans les étoiles. Nos morts n'oublient jamais cette terre si belle, puisque c'est la mère du Peau-Rouge.

     Nous faisons partie de la terre et elle fait partie de nous. Les fleurs qui sentent si bon sont nos sœurs, les cerfs, les chevaux, les grands aigles sont nos frères ; les crêtes rocailleuses, l'humidité des Prairies, la chaleur du corps des poneys et l'homme appartiennent à la même famille.

     Ainsi, quand le grand chef blanc de Washington me fait dire qu'il veut acheter notre terre, il nous demande beaucoup...

     Les rivières sont nos sœurs, elles étanchent notre soif ; ces rivières portent nos canoës et nourrissent nos enfants. Si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler tout cela et apprendre à vos enfants que les rivières sont nos sœurs et les vôtres et que, par conséquent, vous devez les traiter avec le même amour que celui donné à vos frères. Nous savons bien que l'homme blanc ne comprend pas notre façon de voir.

     Un coin de terre, pour lui, en vaut un autre puisqu'il est un étranger qui arrive dans la nuit et tire de la terre ce dont il a besoin. La terre n'est pas sa sœur, mais son ennemie ; après tout cela, il s'en va. Il laisse la tombe de son père derrière lui et cela lui est égal !

     En quelque sorte, il prive ses enfants de la terre et cela lui est égal. La tombe de son père et les droits de ses enfants sont oubliés. Il traite sa mère, la terre, et son père, le ciel, comme des choses qu'on peut acheter, piller et vendre comme des moutons ou des perles colorées. Son appétit va dévorer la terre et ne laisser qu'un désert...

     L'air est précieux pour le Peau-Rouge car toutes les choses respirent de la même manière. La bête, l'arbre, l'homme, tous respirent de la même manière. L'homme blanc ne semble pas faire attention à l'air qu'il respire. Comme un mourant, il ne reconnaît plus les odeurs. Mais, si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler que l'air nous est infiniment précieux et que l'Esprit de l'air est le même dans toutes les choses qui vivent. Le vent qui a donné à notre ancêtre son premier souffle reçoit aussi son dernier regard. Et si nous vendons notre terre, vous devez la garder intacte et sacrée comme un lieu où même l'homme peut aller percevoir le goût du vent et la douceur d'une prairie en fleur...

     Je suis un sauvage et je ne comprends pas une autre façon de vivre. J'ai vu des milliers de bisons qui pourrissaient dans la prairie, laissés là par l'homme blanc qui les avait tués d'un train qui passait. Je suis un sauvage et je ne comprends pas comment ce cheval de fer qui fume peut être plus important que le bison que nous ne tuons que pour les besoins de notre vie.

     Qu'est-ce que l'homme sans les bêtes ? Si toutes les bêtes avaient disparu, l'homme mourrait complètement solitaire, car ce qui arrive aux bêtes bientôt arrive à l'homme.

     Toutes les choses sont reliées entre elles. Vous devez apprendre à vos enfants que la terre sous leurs pieds n'est autre que la cendre de nos ancêtres. Ainsi, ils respecteront la terre. Dites-leur aussi que la terre est riche de la vie de nos proches. Apprenez à vos enfants ce que nous avons appris aux nôtres : que la terre est notre mère et que tout ce qui arrive à la terre arrive aux enfants de la terre. Si les hommes crachent sur la terre, c'est sur eux-mêmes qu'ils crachent.

     Ceci nous le savons : la terre n'appartient pas à l'homme, c'est l'homme qui appartient à la terre. Ceci nous le savons : toutes les choses sont reliées entre elles comme le sang est le lien entre les membres d'une même famille. Toutes les choses sont reliées entre elles...

    Mais, pendant que nous périssons, vous allez briller, illuminés par la force de Dieu qui vous a conduits sur cette terre et qui, dans un but spécial, vous a permis de dominer le Peau-Rouge. Cette destinée est mystérieuse pour nous. Nous ne comprenons pas pourquoi les bisons sont tous massacrés, pourquoi les chevaux sauvages sont domestiqués, ni pourquoi les lieux les plus secrets des forêts sont lourds de l'odeur des hommes, ni pourquoi encore la vue des belles collines est gâchée par les fils qui parlent. Que sont devenus les fourrés profonds ? Ils ont disparu. Qu'est devenu le grand aigle ? Il a disparu aussi.

     C'est la fin de la vie et le commencement de la survivance.


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Mercredi 8 avril 2009 3 08 /04 /Avr /2009 10:48


Ama euskal Herria ez da galdua hor daude oraindik bere seme, alabak borrokan. Herrian zain!
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